Accueil › Le Musée des Beaux-arts et de la Dentelle d’Alençon › Les collections permanentes › Quatre siècles de dentelle
On distingue trois types de dentelle : la dentelle aux fuseaux et la dentelle à l'aiguille, développées à partir la fin du 16e siècle, distinctes de la dentelle mécanique qui caractérise l'époque de la révolution industrielle. Le musée d'Alençon présente l'ensemble de ces productions, et permet ainsi au visiteur de se familiariser avec des dentelles d'Italie, des Flandres, et de différentes régions de France. Une large part est bien sûr consacrée au Point d'Alençon, à l'explication de sa technique et de son histoire.
En 1665, Colbert accorde le privilège d'installer une manufacture royale à Alençon pour fabriquer une dentelle à l'aiguille, le Point de France, qui deviendra le Point d'Alençon. Grâce au savoir-faire de madame La Perrière (1605-1677), cette dentelle imitant le Point de Venise atteint un tel perfectionnement technique et un rendu si délicat qu'elle obtient un succès immédiat, en particulier à Versailles et dans les cours d'Europe. Louis XV la déclare dentelle d'hiver à la Cour, tandis que celle de Valenciennes est nommée dentelle d'été. A son apogée dans le courant du XVIIIe siècle, l'industrie dentellière est organisée par près de 80 fabricants et réalisée par huit à dix mille ouvrières.
A la veille de la Révolution, les caprices de la mode, la concurrence d'autres dentelles et les événements politiques entament le succès du Point d'Alençon. On ne compte plus en 1880 que 1500 ouvrières qui maintiennent la célébrité du Point d'Alençon, au gré des Expositions Universelles et des exportations de produits de luxe vers les Etats-Unis et la Russie.
Aujourd'hui, l'Atelier National du Point d'Alençon, rattaché au Ministère de la Culture, perpétue la technique de la dentelle à l'aiguille qui se poursuit sans rupture depuis le XVIIe siècle à Alençon.